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Trucs et astuces pour une utilisation en classe d’outils du web sans trop se planter

Il faut vraiment prendre du temps en amont pour choisir l’outil le mieux adapté:

1. Quel est mon objectif pédagogique ?
Apprendre à  rédiger un certain type de document et/ou pour un public particulier ? Valoriser un autre travail par une exposition sur le web ? Apprendre à  créer une webographie ? Savoir mettre en place une veille professionnelle ?
L’outil n’est pas une fin en soi ! L’intérêt n’est pas d’apprendre à  utiliser DotClear ou Netvibes mais d’apprendre à  rédiger un article à  destination d’un certain public ou d’apprendre à  repérer et sélectionner des sources d’informations pertinentes

2. Choisir l’outil le plus simple
Une fois l’objectif pédagogique défini il faut chercher l’outil correspondant le plus simple, celui qui fait peu de choses mais qui le fait bien. Attention aux outils trop complets qui font tout et dont on n’utilise que 90 %. Un «bon outil» n’est pas celui qui permet de faire ça, et ça et encore ça mais celui qui permet de faire une chose mais très simplement (bref, arrêtez de vous faire conseiller par des informaticiens 😉 ). Si on veut communiquer, un wiki sera plus simple d’accès qu’un blog : un double clic sur la page et je peux commencer à  rédiger.
Ne montrer que les fonctionnalités de base, les élèves plus à  l’aise trouveront tout seul les fonctionnalités plus avancées et les plus faibles ne seront pas noyés. Ensuite quand les élèves auront l’habitude de l’outil et chercheront des fonctionnalités supplémentaires, il sera tant de migrer vers un outil plus avancé. Commençons par savoir piloter un tricycle, pour l’A320 on attendra.

3. Eviter les outils demandant des comptes et les mots de passe, c’est s’éviter l’enfer
Ou bien prévoyez une heure pour uniquement créer les comptes et priez pour que le service en question ne prenne la création d’une vingtaine de compte en même temps depuis la même IP (celle du réseau) pour du spam et bloque les inscriptions (c’est du vécu). Et puis avec un peu de malchance, le service en question demandera une confirmation par mail « Madame, je n’ai pas d’adresse mail», «Monsieur, je ne veux pas utiliser mon adresse mail perso pour cela et vous ne pouvez pas m’obliger», «J’ai oublié le mot de passe de mon mail!».
Par la suite, prévoyez 20 minutes par séance à  régler les problème de connexion : «Madame j’ai oublié mon mot de passe», «Madame je n’arrive pas à  me connecter», «Monsieur je ne sais plus ce que j’ai mis en identifiant» Le fait de pouvoir utiliser l’outil sans s’identifier est pour moi prépondérant. Si pour l’évaluation vous avez besoin de savoir qui a fait quoi, il y a d’autres moyens plus faciles : répartition des articles ou des rubriques, utilisation de mots clés, copies d’écran, etc…

4. C’est aussi s’éviter les problèmes liés au respect de la vie privée.
En plus des problèmes pratiques liés à  l’interface chaise/clavier (l’humain quoi), en créant des comptes on se trouve vite confronté à  des problèmes liés à  la vie privée. Il me semble difficile de demander à  un élève d’utiliser sa boite mail personnelle pour un travail pour l’école, sachant que l’inscription à  un service consiste à  donner cet email à  ce service qui pourra ensuite spammer la boite ou revendre les adresses collectées. Demander aux élèves en début d’année de se créer une boite mail qui ne servira que pour l’école, même si cela à  l’avantage de bien différencier vie privée/vie à  l’école, multiplie encore le nombre d’identifiants et de mots de passe à  retenir et on passe encore dans un nouveau cercle de l’enfer.
Et je n’ai même pas évoqué le fait que la majorité de nos élèves sont mineurs !

5. Quand on ne peut VRAIMENT pas faire autrement
Créer un compte pour la classe, au nom de la classe, avec votre e-mail professionnel le cas échéant.
Créer les comptes à  l’avance (oui cela prend du temps), en utilisant un service proposant des e-mails temporaires et en ne mettant pas le nom des élèves. Par exemple, on peut mettre le vrai prénom (ce qui peut être utile pour une évaluation personnelle) et comme nom de famille le même pour tous : Rémy BEPACourcelles, ou si c’est un travail de groupe Groupe1 BEPACourcelles. Ce qui n’empêche pas de signer les articles avec leur prénom. En effet, en travaillant avec les élèves sur les notions de fiabilité de l’information ou de responsabilité quant à  ce qu’ils publient en ligne, il est difficile de leur demander d’écrire anonymement.

6. Vérifier que le service passe bien dans l’établissement
Dans la mesure du possible, faites un test avant dans la salle où aura lieu le cours, vérifiez si le site n’est pas bloqué par le pare-feu (dont la logique est très étrange), si les navigateurs sont équipés des plugins nécessaires au bon fonctionnement du site (Flash Player, Java ou autre). Discutez en avec la personne en charge de la maintenance informatique, il ne faudrait pas qu’une mise-à -jour ne rende plus accessible un site car la version d’un plugin n’est plus la bonne.

En résumé, le choix de l’outil est primordial. Le type d’outil doit être choisi en fonction de l’objectif pédagogique et non {a priori} «Tiens je ferais bien un blog». Non pas en fonction uniquement de ses fonctionnalités mais en fonction du groupe et son niveau de maturité par rapport à  ce genre d’outil. Bref, plus jamais : «Tiens, je ferai bien un brainstorming avec un outil de carte heuristique, plouf, plouf, je prends le premier outil de carte heuristique que je trouve sur Google» ou «Je prends l’outil que j’ai vu utilisé une fois».

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